
« Un mec normal sur Twitter, rien de plus, rien de moins. » Sur France Inter, la jeune femme, sous le nom d’emprunt »Maria », témoigne de sa rencontre virtuelle avec un usager du réseau social. Pendant trois jours, elle échange sur des sujets divers, avant que la conversation ne dérive sur les fantasmes de son interlocuteur. Lorsque celui-ci lui envoie des vidéos de nourrissons agressés sexuellement par une infirmière, elle met un terme à la conversation, prenant soin d’enregistrer le déroulé de ses 76 heures.
C’est le point de départ ayant conduit, samedi 2 août, à la mise en examen de l’infirmière en question, Juliette S., travaillant au service de néonatologie de l’hôpital André-Grégoire de Montreuil (Seine-Saint-Denis) pour agressions sexuelles sur mineurs, détention, captation et diffusion d’images à caractère pédopornographiques. L’internaute piégé par »Maria », Redouane E., a également été mis en examen pour complicité d’agression sexuelle. Il est soupçonné d’être l’instigateur de l’affaire.
La police enquête, internet s’emballe
»Maria » raconte avoir entamer la conversation avec Redouane E. en découvrant son compte X dans lequel il partage des vidéos sur sa vie sexuelle. « Jamais je n’aurais pensé tomber sur tout ça », déclare a posteriori la jeune femme de 19 ans sur la radio publique, qui a agi au départ par curiosité et « pour rigoler ».
Après avoir reçu six vidéos des agressions et interrogé Redouane E. sur l’origine de ces contenus, elle décide de le bloquer et d’envoyer les éléments récoltés au collectif Alertes Pédo. Se présentant comme une « association de loi 1901 », composée de « chasseurs bénévoles », le collectif affirme lutter « contre la pédocriminalité en France.
Le 28 juillet, le post d’Alertes Pédo relayant l’affaire dans « un hôpital (93) » va rapidement se diffuser. Le collectif évoque une « femme, employée de l’hôpital » qui « mettrait ses doigts dans la bouche, les [bébés] déshabillerait et jouerait avec leurs parties intimes tout en filmant pour les partager. Elle leur infligerait également des violences en leur donnant de « petites claques » ». Des informations non vérifiées à ce stade. »Maria » et le collectif ont transmis les élements en leur possession aux autorités.
Rapidement, internet s’emballe. Des « enquêteurs » du web vont s’emparer de l’affaire. Plusieurs comptes mentionnent l’hôpital de Montreuil et l’identité présumée de l’infirmière. Un compte TikTok, »Le Journal », suivi par plus de 115 000 personnes, diffusent une image d’une jeune femme voilée, la présentant comme étant l’agresseuse des nourrissons… avant de publier un démenti le lendemain.
Accusée et menacée à tort
Mais le mal est fait : la vidéo initiale circule sur les réseaux sociaux, propagée notamment par des comptes d’extrême droite. Auprès du Parisien, la femme apparaissant à tort sur la vidéo affirme recevoir depuis des centaines de messages d’insultes et de menaces. « Je ne sais absolument pas comment ma photo s’est retrouvée là. Je n’ai pas de lien avec ces deux personnes, je ne suis même pas de la région parisienne… », dit-elle. Elle a porté plainte contre tous les comptes TikTok, Instagram et YouTube ayant relayé la fausse accusation et « contre toutes les personnes l’ayant menacée ou insultée en commentaire des publications ou par messages privés ».
C’est finalement sous la pression des réseaux sociaux, et par peur de représailles, que Juliette S. a décidé de se dénoncer, ainsi que Redouane E., au commissariat de Clichy-sous-Bois, alors que l’hôpital André-Grégoire niait que de tels faits aient pu se produire dans son établissement.
Une rumeur d’agressions à caractère racial
L’affaire a pris un temps une autre dimension avec une rumeur que seuls des bébés noirs étaient visés par les agressions sexuelles de l’infirmière. Une capture d’écran de la conversation entre les deux suspects mentionne en effet un « bébé black ».
Le parquet de Bobigny affirmera samedi 2 août qu’« aucun caractère racial dans le passage à l’acte » n’a été identifié par les enquêteurs, les deux enfants victimes identifiés à ce stade sont « l’un blanc, l’autre noir ». Une manifestation va malgré tout se tenir devant et dans l’enceinte de l’hôpital, à l’initiative du collectif Nehema.
L’enquête policière est toujours en cours. Il en va de même sur internet. Des photos de jeunes femmes présentées comme étant Juliette S. sont diffusées, tandis que des informations personnelles sur Redouane E. sont communiquées, avec des appels à la vengeance.
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