Il existe des disparités d’accès aux soins en Île-de-France, selon un sondage Odoxa pour ICI. La Seine-Saint-Denis est défavorisée par rapport au reste de la région. C’est pourtant dans ce département que se trouve la plus grande maison de santé de France.
Peu à peu, des structures se créent pour rendre la santé plus accessible aux habitants. C’est le cas par exemple de Cap Horn Santé, à Montreuil, . Environ 70 médecins consultent dans des locaux gigantesques de 3.500 m², répartis sur quatre niveaux. « Il ne nous manque que deux spécialités : endocrinologue et neurologue, autrement on est assez exhaustifs sur le spectre médical et paramédical. On a des généralistes, des pédiatres, des gynécologues, des rhumatologues, une pneumologue, des cancérologues… », détaillent les Docteurs David Zeitoun et Baptiste Gérard, deux co-fondateurs du lieu.
La plupart des médecins de cette maison de santé sont assez jeunes, avec . Ils veulent couper avec la médecine de ville classique où le praticien est isolé dans son cabinet : « Ils veulent pouvoir partager l’exercice de la médecine et tout notre projet est construit autour de cela. Nous avons un dossier commun avec les informations des patients, on se réunit régulièrement justement pour parler des patients… »
En Seine-Saint-Denis comme ailleurs, se pose la question du coût des soins. Dans cette maison de santé, un patient sur trois est (qui a remplacé la couverture maladie universelle). Ici**, les urgences et les généralistes sont conventionnés secteur 1**, il n’y a donc pas de dépassement d’honoraires. Les spécialistes ont quant à eux pris des engagements, explique le docteur Baptiste Gérard : « A 95%, les spécialistes sont en secteur 2 OPTAM, c’est à dire qu’ils ont des dépassements d’honoraires maîtrisés. Cela permet un meilleur remboursement de la part des mutuelles et une meilleure prise en charge par la sécurité sociale. Nos patients n’ont quasiment aucun reste à charge, voire pas du tout. »
Entre l’offre de soins et les coûts maitrisés, les patients y trouvent leur compte. Anna habite Montreuil depuis quelques années : « Avant, c’était galère. On avait du mal à trouver des médecins disponibles et on devait parfois aller loin. Avec cette maison de santé, j’ai pu avoir un médecin traitant à l’écoute. On arrive à avoir des rendez-vous rapidement. Ca permet à tout le monde d’être suivi ». Plusieurs dizaines de milliers de patients sont reçus chaque année dans cette maison de santé. © Radio France – Cyrille Ardaud
Cette maison de santé est privée, elle appartient aux médecins. Une vingtaine d’entre eux a acheté les murs, les autres sont en quelque sorte locataires. Au démarrage, ils ont été aidés par l, qui finance partiellement ce type de projets jusqu’à 400.000 euros. Yann de Kerguenec est le directeur adjoint de l’ARS en Seine-Saint-Denis. Il y voit le moyen de fidéliser les praticiens : « Ca nous donne une certaine garantie sur le fait qu’ils s’engagent dans un projet à moyen ou long terme. Le jour où ces médecins auront envie d’aller ailleurs ils auront envie de transmettre leur projet à des professionnels compétents qui ont la même culture qu’eux. Cela nous permet de garantir une offre stable à la population ».
Depuis 2020, l’ARS Île-de-France a financé 21 maisons de santé en Seine-Saint-Denis. Cinq autres doivent bientôt sortir de terre dans l’est du département, notamment à Neuilly-sur-Marne, Montfermeil ou encore aux Pavillons-sous-Bois.





