
Même lorsqu’un accord est trouvé sur son devenir, la porte de Montreuil reste un sujet clivant. Alors que, du côté de la Ville de Paris, les élus de la majorité ont acté fin juillet 2023 une nouvelle feuille de route concernant le projet de réaménagement, après des mois de négociations, la nouvelle mouture est accueillie de manière contrastée auprès des habitants et acteurs du quartier. Parmi les principaux revirements de situation, l’avenir du marché aux puces.
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Le marché aux puces restera en plein air
Plus de déménagement pour les puciers. Sous l’action des élus écologistes, qui s’opposaient à l’idée de déplacer les étals sous une halle fermée surplombée de cinq étages de bureaux et de commerces, le marché aux puces restera finalement à son emplacement actuel, en plein air.
Une nouvelle accueillie avec soulagement par les puciers, indique Djamel Zidani, président du syndicat du marché aux puces de Montreuil, à actu Paris. « La halle, c’était la mort assurée. 90 % d’entre nous auraient cessé l’activité. Les puces, c’est un marché populaire historique. La Ville de Paris voulait nous « monter en gamme », c’est-à-dire dire gentrifier le marché. Si on avait voulu travailler dans un magasin, on ne serait pas dans les puces aujourd’hui. »
Quel visage pour le marché réaménagé ?
Les quelques 400 commerçants qui s’installent sur le parking en bordure de périphérique tous les samedis, dimanches et lundis devraient donc conserver leurs habitudes, et continuer de vivre avec les aléas capricieux de la météo parisienne. « Il ne faut pas s’inquiéter pour nous, on est nés sous la pluie« , plaisante le cinquantenaire qui, dès 10 ans, a gagné ses premiers sous dans les dédales des puces, et ne l’a jamais quitté depuis.
Le maintien en extérieur doit s’accompagner d’aménagements attendus de longue date. « On n’a pas de point d’eau, et ça fait 20 ans qu’on demande des toilettes… Forcément, ça créé des incivilités », diagnostique le commerçant, conscient des nombreuses plaintes liées aux déchets et à la saleté qui recouvrent la place.
Changement des poteaux électriques, réfection des sols troués de toutes parts, végétalisation… Les points de modernisation et d’amélioration sont nombreux. Les commerçants seront intégrés aux concertations avec la municipalité. « Deux réunions sont prévues en septembre pour qu’on puisse donner notre vision du marché de demain », précise Djamel Zidani.
Des zones d’ombres encore nombreuses
Alors que « la bonne nouvelle » du maintien en extérieur leur a été annoncée par le numéro deux d’Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire, les puciers restent mobilisés, face à un avenir encore sans visibilité. « Tout le monde est content, mais méfiant » résume le pucier. Parmi les points de vigilance, l’éventualité de voir le marché traversé par une nouvelle rue : « On n’acceptera pas qu’il soit divisé en deux. Le report de circulation n’est pas encore clair, on va rester vigilants », déclare Djamel Zidani.
Que deviendra le marché pendant la durée des travaux, dont les débuts sont annoncés pour l’été 2025 ? Là aussi, rien n’est encore tranché. Les commerçants souhaiteraient pouvoir rester à leur emplacement lors de leurs trois jours d’activité pendant la durée du chantier. Des propositions seront faites à la mairie. Quoi qu’il en soit, les puciers sont prêts à accepter les travaux : « On acceptera les contraintes, on va s’adapter », assure le président du syndicat du marché aux puces.
Des riverains désabusés
Pour certains riverains au contraire, le nouvel accord est accueilli froidement. « On est très déçus », lance Catherine Perrot, habitante de Bagnolet et membre du collectif de la porte de Montreuil, regroupant des riverains de Bagnolet, Montreuil et du 20e arrondissement de Paris favorable au maintien du projet initial.
« Tout le bâti qui était prévu du côté de la Seine-Saint-Denis a été supprimé, alors que les aménagements prévus du côté de Vincennes et Saint-Mandé ont été maintenus », tance la militante.
Le projet de recouvrement de périphérique, qui faisait débat parmi la majorité de l’exécutif parisien et a finalement été maintenu ne suffira pas pour autant à transformer la place, jugée polluée et dangereuse, selon la Bagnoletaise. « À partir du moment où le marché aux puces n’est pas requalifié, c’est évident qu’il y aura toujours des mésusages. La place sera une immense place vide, qui sera encombrée par les déchets et les revendeurs sauvages. La belle rénovation qu’on attendait n’aura pas lieu. »
Face à cet énième ajustement d’un chantier éternellement en devenir depuis plus de 20 ans, la guerre est de plus en plus lasse pour certains. « On redoute de nouvelles études à venir, et de nouveaux reports des travaux », lance Catherine Perrot, qui habite à 50 mètres du marché aux puces. « On est peu écoutés. La porte de Montreuil est un lieu déshérité, très mal entretenu, qui va continuer de l’être ».
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